Saturday, 15 September 2012

16 septembre. SAINT CYPRIEN, ÉVÊQUE DE CARTHAGE ( IIIe SIÈCLE ). Martyr.

16 septembre.
SAINT CYPRIEN, ÉVÊQUE DE CARTHAGE ( IIIe SIÈCLE ). Martyr.

            Saint Cyprien est né en Afrique, mais on ignore en quel lieu. Avant qu’il eût le bonheur d’être converti à la religion chrétienne, il enseigna la rhétorique avec beaucoup de réputation. Il ne quitta la religion païenne, dans laquelle il était né, qu’après avoir hésité longtemps sur ce changement, et avoir mûrement délibéré s’il le devait faire.

            « Il me semblait très-difficile, dit-il, de renaître pour mener une vie nouvelle, et de devenir un autre homme en gardant le même corps. Comment peut-on, pensais-je, se dépouiller tout d’un coup d’habitudes enracinées et endurcies ? Comment pratiquer la frugalité, quand on est accoutumé à une table abondante et délicate ? Mais quand l’eau vivifiante eut lavé les taches de ma vie passée, et que mon cœur purifié eut reçu la lumière d’en haut et l’esprit céleste, mes doutes s’évanouirent ; je trouvai facile ce qui m’avait paru impossible. »
           
            La vertu de Cyprien encore néophyte, c’est-à-dire nouvellement baptisé, le fit élever à la prêtrise. On ne se contenta pas même de le voir prêtre ; Donat, évêque de Carthage, étant mort fort peu de temps après, tout le peuple fidèle s’empressa de demander qu’il fut remplacé par Cyprien.
            À cette nouvelle, le saint homme prit la fuite, se croyant indigne d’un tel honneur ; mais dès que sa retraite fut connue, une foule nombreuse investit la maison dans laquelle il s’était retiré ; malgré toutes ses représentations, il fut obligé de se soumettre, et il fut sacré évêque de Carthage l’an de Jésus-Christ 248.

            Cyprien ne songeait qu’à bien conduire son diocèse, et à y faire fleurir la foi et la piété, lorsque le démon suscita dans l’Église une tempête qui obligea ce saint pasteur à se séparer pour quelques temps de son troupeau.

            L’an 249, l’empereur Dèce publia un édit par lequel il ouvrait contre les fidèles une cruelle persécution.

            Il y eut beaucoup de personnes du clergé et du peuple de Carthage qui moururent pour la foi, et un plus grand nombre qui fut mis en prison, et n’en sortit qu’après avoir beaucoup souffert.

            Mais il y en eut aussi, surtout parmi ceux qui étaient riches ou en place, qui s’offrirent d’eux-mêmes pour brûler de l’encens en l’honneur des idoles ; d’autres qui confessèrent d’abord le nom de Jésus-Christ au milieu d’affreux supplices, mais qui n’étant pas assez humbles, et n’ayant pas une foi assez vive, le renoncèrent dans les tourments, finirent par apostasier après avoir commencé à défendre la vérité.

            Saint Cyprien, qui avait été obligé de prendre la fuite, fut extrêmement affligé de ces tristes nouvelles ; et il en témoigna sa peine à son clergé.

            Plusieurs de ceux qui étaient tombés furent sensibles à la charité de saint Cyprien, et demandèrent à être admis à la pénitence.

            Saint Cyprien écrivit aussi aux confesseurs, c’est-à-dire à ceux qui avaient confessé Jésus-Christ devant les magistrats, et au peuple ; aux premiers, pour leur remontrer que s’ils ont gardé la foi au Seigneur avec tant de courage, ils doivent aussi être les plus zélés à garder sa loi et la discipline de l’Église ; aux seconds, pour les engager à exhorter ceux qui sont tombés et qui avouent leur faute à en faire pénitence et à attendre avec patience  le moment de leur réconciliation, qui ne peut être méritée que par les larmes et une longue épreuve.

            Cette conduite de saint Cyprien fut soutenue par le clergé de Rome, qui écrivit à celui de Carthage de tenir ferme contre les importunités des apostats qui s’avouaient coupables, et de ne les réconcilier que suivant la rigueur salutaire de l’Évangile.

            « Il est aussi nécessaire, dit le clergé de Rome, quand on est dans un temps fâcheux, de tenir ferme à la discipline de l’Église, qu’il est important de ne point quitter le gouvernail d’un navire pendant la tempête. DIEU garde l’Église romaine, ajoute la lettre, de perdre sa vigueur par une facilité profane, et de relâcher les nerfs de la sévérité en renversant la majesté de la foi. »

            L’empereur Valérien ayant renouvelé la persécution contre les chrétiens, saint Cyprien fut pris et condamné à perdre la tête.
           
            Le saint évêque étant arrivé au lieu du supplice, se prosterna le visage contre terre, et fit sa prière. Quand elle fut finie, il ôta ses habits, qu’il donna à ses diacres. Il prit ensuite un bandeau pour se couvrir les yeux ; et comme il avait de la peine à le nouer par derrière, un prêtre et un diacre lui rendirent ce dernier office. Lorsque l’exécuteur parut, Cyprien lui fit donner vingt-cinq écus d’or ; puis il se mit à genoux ; et les mains croisées sur la poitrine , il attendit le coup qui devait le faire passer de cette vie à la glorieuse immortalité.

            Les fidèles avaient jeté autour du saint des mouchoirs et des linges pour recueillir son sang. Il reçut la couronne du martyre le 14 septembre, l’an de Jésus-Christ 258.

            À Rome, on célèbre encore la fête de saint Corneille, pape, qui souffrit le martyre pour la foi de Jésus-Christ, et qui, après avoir supporté l’exil, et refusant toujours de trahir son divin Maître, eut enfin la tête tranchée vers l’an 252.

            PRATIQUES. — 1. Nous avons grand besoin de l’indulgence de l’Église : mais c’est se tromper que de croire qu’elle dispense de faire pénitence.
            2. Personne de nous, dit saint Cyprien, ne cherche ici-bas ni joie, ni prospérité. C’est donc là le caractère qui distingue les chrétiens d’avec les païens : est-ce le nôtre ?

            PRIÈRE. — Que votre croix, Seigneur, fasse toute notre joie ; que votre sainte pauvreté soit notre trésor. 

A.I.

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